« L’homme mange depuis toujours des symboles, …

Suisse – Dornach
3 décembre 2018
 
... le « bio » c’est symboliquement manger pur »
C’est ce qu’à dit François Couplan, ethnobotaniste.

Petite remarque avant que vous ne lisiez cet article:
Je tiens à préciser que je ne jette pas la pierre aux petits producteurs qui font de leur mieux pour suivre la marche sans se faire mordre les mollets par les gros investisseurs agricoles. Ni d’ailleurs aux adhérents des labels alternatifs moins connus du grand public. Ni encore, à certains techniciens respectueux.
Notre cher label AB, à qui l’on fait confiance presque les yeux fermés, qui a longtemps été ignoré et moqué, et aujourd’hui copié et malmené. Un cahier des charges qui s’assoupli ? Ne devrait-il pas au contraire devenir plus exigeant ?
Il semblerait que nous sommes nombreux à mettre le doigt sur des aspects dérangeants...

Jusqu’en 2009, en France, les organismes certificateurs étaient accrédités par l’Etat. Depuis, c’est le Cofrac qui gère. Mais le Cofrac est principalement constitué d’experts venants des organismes certificateurs et de leurs clients. Une boucle bien bouclée et bien tricotée.
Mais les grandes surfaces aussi semblent bien profiter du phénomène en important des produits hors France et jouer sur les prix. Ce n’est plus « la bio » que les fondateurs (Maria et Hans Muller, Albert Howard) ont voulu promouvoir: un projet holistique, global, prenant en compte l’humain.
Exemple de El EJido en Espagne en juin 2019 en photo ci-dessus. source: Le Monde Article de septembre 2019

Pendant que l’agriculture biologique coule de beaux jours devant elle, l’agriculture paysanne est mise volontairement dans l’ombre.
Savez-vous que les termes « bio » et « biologique » sont protégés ?

Normalement, produire biologiquement est une volonté personnelle et éthique pour les paysans. Comment se fait-il que, si on est serein avec soi même, un petit gendarme vient contrôler les fermes agricoles, comme le professeur contrôle si on a bien fait son exercice? Certains ne respecteraient donc pas la règle du jeu du respect des sols ? C’est payer un contrôle qu’on est certain de respecter, pendant que certains n’ont aucun malus.
Pour les plus frileux consommateurs des non labellisé « bio », il y a d’autres labels bien plus intéressants.
Qu’en est-il aujourd’hui du cahier des charges ? Il y a t-il toujours une analyse uniquement sur les pesticides, sans jamais prendre en compte les métaux lourds ?
La « bio » va t-elle finir par perdre son âme ?
Je vous laisse farfouiller sur le net et trouver votre vérité.
Attention, il y a à boire et à manger.

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Source: NEXUS, Janvier - Février 2016